CH La Chartreuse CH La Chartreuse Psychiatrie - Santé Mentale - Addictologieétablissement de référence
Dijon / Côte d’Or
Adresse CH La Chartreuse CENTRE HOSPITALIER LA CHARTREUSE
1 Bd Chanoine Kir, BP 23314
21033 DIJON CEDEX
03 80 42 48 48
Histoire

En 1356, pendant la guerre de Cent ans contre les anglais, Philippe, âgé de 14 ans et dernier fils du roi de France Jean le Bon, tente de détourner les coups contre son père et gagne alors le nom de « Hardi ». A leur retour, Jean récompense son fils en lui donnant entre autre, le gouvernement du Duché de Bourgogne. 

Philippe le Hardi, qui règne de 1364 à 1404, organise son duché en réformant le Parlement, la Cour des Comptes et les Etats Généraux. Dijon en devient alors réellement la capitale et la politique menée contribue à la création en quelques décennies de l’État Bourguignon
 
En 1380, à la mort de Charles V, frère de Philippe le Hardi et devenu roi de France à la suite de Jean le Bon, Philippe le Hardi devient co-régent du royaume de France au nom de son neveu Charles, alors âgé de 12 ans. C’est à ce moment qu’il fonde, en 1383, la Chartreuse de Champmol qui doit ainsi manifester dans Dijon l’implantation de la nouvelle dynastie. Elle accueillera la nécropole familiale, en rupture avec la tradition des ducs Capétiens, ensevelis à Cîteaux.
 
En 1388, Charles VI décide de gouverner par lui-même et clôt la période de régence. Mais à partir de 1392 souffrant probablement d’un trouble bipolaire, il manifeste des crises de folie et les affaires du royaume sont alors à nouveau gérées par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau. La reine étant piètre politique, c’est encore Philippe le Hardi qui a l’influence prépondérante dans les affaires du Royaume. Quand il meurt, son fils Jean sans Peur prend la succession du Duché. Néanmoins il perd l’influence de la Bourgogne auprès de la reine dans le Conseil de Régence.

Pendant plus de vingt ans, le Duc Philippe le Hardi a consacré des sommes considérables à la construction et à l’embellissement de la Chartreuse, ainsi qu’à la constitution du domaine foncier qui fera la prospérité de l’établissement. Architectes, sculpteurs, peintres, menuisiers, verriers, tuiliers, participent pendant plusieurs décennies à la construction et au décor de la Chartreuse, qui apparaît de nos jours comme l’un des foyers essentiels de l’art occidental des années 1380-1410. Drouet de Dammartin, assistant de l’architecte du Louvre, dirigea tous les travaux de construction de la chapelle et des tombeaux. Claus Sluter, sculpteur Hollandais, imprima sa puissante personnalité à l’ensemble du chantier, et plus particulièrement au Puits de Moïse et au portail de la chapelle. 

En 1410, le tombeau de Philippe le Hardi est installé dans l’église. La Chartreuse accueillit les sépultures des membres de la famille ducale jusqu’au rattachement de la Bourgogne au royaume de France, en 1477.

Vouée à la prière solitaire des moines, la Chartreuse est au XVème siècle un lieu de pèlerinage. Des indulgences papales exemptaient de cent jours de pénitence toute personne la visitant lors des principales fêtes religieuses. Au centre du cloître, le calvaire étant le but majeur de ces pèlerinages. Jusqu’à la Révolution, la Chartreuse restera marquée par le souvenir des Ducs de Bourgogne. Les rois de France, leurs héritiers, confirmèrent tous ses privilèges et y feront presque tous des visites.
 
A la période révolutionnaire, la Chartreuse comme tous les biens ecclésiastiques, a été mise à la disposition de la Nation et les moines ont été chassés. Le couvent des Chartreux est fermé dès 1790 et beaucoup d’œuvres sont vendues, données ou emportées par les religieux. Vendue comme bien national en mai 1791, elle a été presque entièrement démolie à l’exception du « Puits de Moïse » et du « Portail de la Chapelle ». Les tombeaux des Ducs de Bourgogne, les retables sculptés et peints seront déposés au milieu du XIXe siècle au musée des Beaux-Arts de Dijon.
 
En 1833 le département devient propriétaire du domaine principal et décide d’établir un hospice départemental. L’architecte Pierre-Paul Petit édifie un hôpital qui allie les préoccupations de fonctionnalité et d’hygiène avec une habile intégration des vestiges. C’est ainsi que le Puits de Moïse se trouve au centre d’une cour évoquant l’espace du cloître pour lequel il avait été conçu, et que le portail retrouve sa fonction d’entrée pour la nouvelle chapelle de l’hôpital.